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Dans un environnement marqué par la superposition des crises, l’intensification des interdépendances et le retour assumé du rapport de force, les vulnérabilités des systèmes – énergétiques, informationnels, économiques, climatiques, logistiques – ne sont plus seulement des facteurs de fragilité : elles deviennent tout autant de leviers de conflictualité. Ce dossier propose d’interroger cette « guerre des systèmes » en articulant trois exigences complémentaires : évaluer les risques systémiques, comprendre la manière dont des acteurs peuvent instrumentaliser des systèmes interdépendants, et penser les conditions d’une résilience opératoire, au croisement des sphères civile et militaire. Conçu comme un abécédaire, il offre des entrées thématiques autonomes qui composent, par leur enchaînement, un continuum analytique.

Dans la continuité de réflexions précédentes consacrées aux transformations de la conflictualité et aux vulnérabilités contemporaines (« Géopolitique du basculement », « Armements et arsenalisations »), ce numéro assume une hypothèse directrice : le risque systémique n’est plus un horizon abstrait, mais une grammaire de l’action – et parfois de l’agression. À l’instrumentalisation de la propagation des chocs se conjuguent le brouillage entre l’accidentel et l’intentionnel et l’opacité croissante de l’attribution. C’est précisément cette zone grise que le dossier explore, en réunissant scientifiques des systèmes complexes, spécialistes du risque, chercheuses et chercheurs en sciences sociales et hautes autorités militaires, afin de dépasser les approches sectorisées et de construire une représentation partagée des vulnérabilités et de la résilience, selon les sciences et les armées.