Notes / Énergie et matières premières
1 septembre 2026
Fiche matière première : le nickel
Le nickel s’impose comme un métal pivot de la transition énergétique et industrielle, du fait de son rôle d’élément d’alliage et de sa place stratégique dans la filière des batteries. D’ici 2040, la demande mondiale devrait quasiment doubler alors que les possibilités de substitution restent limitées, renforçant le risque de dépendance durable. Du côté de l’offre, la production se recentre rapidement sur les gisements indonésiens, qui pourraient représenter près de 70% de l’offre mondiale à l’horizon 2035.
Parallèlement, l’émergence de nouveaux procédés de traitement des minerais entraîne une recomposition profonde d’une filière déjà marquée par une forte volatilité des prix.
Dans ce contexte, l’analyse fine de la chaîne de valeur du nickel et de ses transformations à venir constitue un enjeu majeur, préalable indispensable à la sécurisation des approvisionnements et à l’atteinte des objectifs de décarbonation de la France et de l’Union européenne.
Afin d’illustrer son avis « Transition énergétique et matériaux stratégiques : dépendances, sobriété et recyclage » et dans le cadre de la révision de ses scénarios Transition(s) 2050, l’ADEME apporte une aide financière permettant à l’IRIS de réaliser des travaux de recherche prospectifs sur la géopolitique de la transition écologique et énergétique.
Ce projet de recherche se divisait en plusieurs axes, dont le premier consiste en l’analyse approfondie de 20 matières premières essentielles à cette transition de la France : quinze sont de nature minérale, cinq de nature agricole. Les matières premières étudiées ont été sélectionnées afin de permettre d’explorer une diversité d’enjeux géopolitiques se posant aux approvisionnements français.
Ce travail a donné lieu à la production de fiches, dont le présent document fait partie, qui retracent les enjeux liés aux différentes étapes de la chaîne de valeur de chacune de ces matières avec un prisme d’analyse des forces et des faiblesses de la France et de l’Europe. Les analyses sont réalisées à horizon 2050, et s’inscrivent dans un contexte de réchauffement climatique mondial de +2°C, conforme à la TRACC (trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique).