Juin 2026
L’architecture monumentale de Pyongyang : un outil de légitimation dynastique et de contrôle social
Pouvoirs en Asie-Pacifique : territoires et populations, contrôles et résistances
RIS 142 (Été 2026)
Capitale de la Corée du Nord, Pyongyang occupe une place singulière dans l’histoire de l’urbanisme politique. Elle est d’ailleurs souvent présentée comme le symbole incarné d’une utopie socialiste [1]. Le régime autoritaire mis en place depuis la création du pays en 1948 a mobilisé une architecture caractéristique destinée à exalter la puissance nationale et la légitimité du leadership. Pyongyang concentre des réalisations grandioses – larges avenues, gratte-ciel futuristes, monuments colossaux –, contribuant à la glorification idéologique du pouvoir aux mains de la famille Kim. Ces aménagements urbains visent à impressionner la population et à projeter une image de modernité et de force. De fait, Pyongyang n’a pas été pensée comme un espace fonctionnel destiné à répondre aux besoins quotidiens de ses habitants, mais comme une vitrine appelée à incarner l’idéologie officielle et à façonner les comportements politiques, économiques