La crise de l’entreposage du combustible nucléaire usé en Corée et l’alerte pour 2030

  • Cheong Seong-Chang

    Cheong Seong-Chang

    Directeur adjoint de l’Institut Sejong ; Associé au Programme Asie-Pacifique de l’IRIS

Cette note a été initialement publiée en anglais sur le site du Sejong Institute sous la forme d’un Sejong Focus le 21 avril 2026. Elle a été traduite en français par son auteur et légèrement remaniée. Elle s’inscrit dans la perspective de la visite du président sud-coréen Lee Jae-myung en France les 7 et 8 septembre 2026 avec le souhait d’approfondir la coopération stratégique entre les deux pays dans un domaine structurant.

À l’occasion du sommet franco-coréen du 3 avril 2026, les relations entre les deux pays ont été rehaussées au rang de « partenariat stratégique global », et un mémorandum d’entente (Memorandum of Understanding – MoU) de coopération globale sur l’ensemble du cycle du combustible nucléaire a été signé entre Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) et Orano, l’entreprise publique française du cycle du combustible. Ce MoU se concentre toutefois essentiellement sur la construction de nouveaux réacteurs et la coopération en matière d’approvisionnement en combustible, sans aborder, à ce stade, la question du retraitement du combustible usé comme enjeu central. Cela étant, le simple fait qu’un cadre institutionnel de coopération nucléaire franco-coréenne ait été établi ouvre une fenêtre politique favorable à l’engagement de véritables discussions sur l’aval du cycle (l’ensemble des opérations de gestion du combustible après son utilisation en réacteur : entreposage, retraitement, stockage définitif), y compris le combustible usé. Le présent article analyse les possibilités et les conditions d’une telle coopération et propose une feuille de route stratégique réaliste.