Nickel indonésien : la souveraineté minière à l’épreuve de ses propres contradictions

  • Tobias Rossi

    Tobias Rossi

    Associé fondateur d’Atlas Strategy

En mai 2026, la Chambre de commerce chinoise en Indonésie a transmis au président Prabowo Subianto une lettre de protestation formelle, copiée à l’ambassade de Chine. Ses signataires, Tsingshan, Zhejiang Huayou Cobalt et Brunp, sont les groupes qui ont financé et bâti l’industrialisation nickélifère indonésienne. Leur plainte porte sur les quotas de production, la révision du prix de référence du minerai et la hausse des royalties. Ce moment a une signification précise : les architectes de la domination indonésienne sur le marché mondial du nickel se retrouvent désormais contraints de protester auprès d’un État qu’ils pensaient avoir rendu dépendant d’eux. Jakarta a acquis un levier réel, et elle a commencé à l’utiliser.