Rentrée géopolitique : Trump sur tous les fronts

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Les défis géopolitiques sont nombreux en cette rentrée. Donald Trump se trouve au centre de chacun d’entre eux, et a échoué dans la majorité des cas.  

Tout d’abord s’agissant de la situation en Iran : l’excursion rapide que les États-Unis devaient y mener n’est toujours pas terminée plus de six mois après le début du conflit. Donald Trump apparait désormais dans l’impasse. La solution militaire initiale n’a pas fonctionné. Donald Trump a dans un second temps tenté la voie de la négociation. L’Iran qui a subi deux guerres (juin 2025, février 2026) alors que des négociations étaient sur le point d’aboutir, ne s’est pas montré empressé de conclure et a fait monter les enchères. La superpuissance états-unienne au budget militaire démentiel de 1000 milliards de dollars est à court de munitions. Quel aveu d’échec ! Donald Trump utilise désormais une troisième option : déclarer une guerre économique totale contre l’Iran en menaçant tout pays qui entretiendrait des relations commerciales avec Téhéran de subir des sanctions décidées par les États-Unis. 

En réalité, l’Iran a depuis longtemps pris l’habitude de contourner les sanctions qui pèsent sur lui. Mais il y a plus problématique. Si les alliés européens des États-Unis risquent peut-être de suivre Donald Trump pour ne pas le contrarier, un pays va sans aucun doute résister aux pressions de Washington : la Chine. Pékin ne peut pas se permettre de céder à ces pressions à la fois pour des raisons géopolitiques et de politique intérieure. La population chinoise serait furieuse de voir son gouvernement céder à Washington.  

La Chine a également des intérêts géopolitiques. Elle a besoin du pétrole iranien et, surtout, elle doit montrer au reste du Sud global qu’elle ne cède pas à la puissance états-unienne. Par ailleurs, Donald Trump attend Xi Jinping aux États-Unis pour la fin du mois de septembre. Il a besoin que ce dernier fasse des concessions économiques, qu’il achète davantage d’avions Boeing et de produits agricoles américains. Il paraît donc peu crédible qu’il se lance parallèlement dans une guerre commerciale totale avec la Chine à propos de l’Iran. 

En revanche, il l’a fait avec le Canada. Et le Canada n’a pas cédé. Le Premier ministre Marc Carney a assuré qu’il appliquerait à l’encontre des États-Unis les mêmes taxes, au dollar près, qu celles qu’imposeraient Washington.  Il est vrai que le Canada prend le risque d’y laisser des plumes, puisque 75 % de ses exportations sont destinées aux États-Unis, mais ces derniers en subiraient également le coût. Marc Carney a voulu montrer à Donald Trump qu’il ne céderait pas, car il a estimé que c’était la souveraineté canadienne qui était en cause. C’est donc un échec pour Donald Trump. Voilà un exemple que d’autres auraient pu suivre. L’Europe, notamment, qui bien qu’ayant un marché intérieur plus important que celui des États-Unis, et une moindre dépendance que le Canada au marché américain, a accepté un deal inégal et humiliant de taxation à 15% de ses exportations et l’exemption sur les produits américains.  

Donald Trump et son administration ont ouvert un nouveau front, cette fois politique et juridique contre la Cour pénale internationale. Marco Rubio a décidé de « démanteler » la Cour pénale internationale « brique par brique ». Washington ne lui pardonne pas que l’armée américaine ait été mise en cause en Afghanistan et en Irak, et surtout qu’un mandat d’arrêt ait été émis contre son allié le Premier ministre israélien. On verra donc si d’autres pays que le Tchad et le Venezuela vont céder aux menaces de l’administration états-unienne et se retirer du statut de la Cour pénale internationale, ou si, au contraire, ils vont résister à cet assaut. Cela constitue également un nouveau test pour l’Union européenne dont les membres se disent fortement attachés au droit international, mais qui risquent à nouveau de se contenter de critiquer mollement, en déplorant ou regrettant ces attaques, sans rien faire de plus. 

Il y a, en revanche, une guerre que Donald Trump ne mène pas : celle pour protéger la planète. On annonce que le phénomène océanographique El Niño pourrait provoquer davantage de ravages, alors même que le pourtour méditerranéen a connu de nombreux incendies, et qu’après la sécheresse, les inondations pourraient se multiplier. À ce sujet, le président de la première puissance mondiale continue de mener une politique climatosceptique et de refuser de lutter contre le dérèglement climatique. De même, le virus Ebola se répand d’autant mieux en République démocratique du Congo que les États-Unis ont supprimé l’USAID et de nombreux programme d’aide aux pays africains. 

Enfin, deux conflits auxquels il avait promis de mettre fin se poursuivent toujours. 

D’abord, la guerre entre la Russie et l’Ukraine, où le nombre de morts civils augmente à mesure que les frappes se multiplient. Aucun des deux camps n’est prêt à céder. Les exigences des uns sont complètement incompatibles avec celles des autres. On voit donc mal comment ce conflit pourrait se terminer, alors même que les deux pays, et surtout leurs populations civiles, souffrent énormément. 

Et puis il y a le Proche-Orient, où l’armée israélienne accroît son contrôle sur Gaza et sur la Cisjordanie. Le plan de paix de Donald Trump n’est pas du tout respecté. Benyamin Netanyahou a opposé une fin de non-recevoir à la deuxième phase de celui-ci. La perspective d’une paix véritable, et en tout cas d’une paix juste, paraît donc encore très éloignée. Et la possibilité de la création d’un État palestinien s’éloigne un peu plus chaque jour, face à la passivité coupable de l’ensemble de la communauté internationale. 

Il n’y a qu’un domaine dans lequel Donald Trump a réussi mais de façon aussi immorale qu’illégale – ce qui n’a aucune importance pour lui.  

Il a réussi à mettre la main sur le pétrole du Venezuela en signant un accord avec la présidente Delcy Rodriguez. Cet accord permet aux États-Unis de contrôler la plupart des réserves prouvées de pétrole au Venezuela. Des investissements massifs seront nécessaires, mais permettront de reprendre la production et l’exportation du fait de la levée des sanctions états-uniennes en échange desquelles le Venezuela a renoncé à son indépendance. Certes, dans les dernières années, la gestion du président aujourd’hui incarcéré aux États-Unis Nicolas Maduro était parfaitement catastrophique et a fait fuir 6 millions de Vénézueliens en dehors de leur pays. Mais la capture d’un chef d’État en exercice dans un pays souverain est contraire à toutes les normes internationales. On ouvre la boîte de Pandore en permettant ce type d’action qui s’apparente plus aux méthodes mafieuses qu’aux relations entre États souverains. Delcy Rodriguez a compris qu’elle ne pouvait rester en poste qu’à condition d’obéir aux injonctions de Donald Trump. Il s’agit là de l’affirmation d’un impérialisme débridé qui ne peut conduire qu’à une brutalisation des relations internationales.