Les États fantômes : aux limites de l’État-nation ?

18 min. de lecture

  • Lukas Aubin

    Lukas Aubin

    Directeur de recherche à l’IRIS, responsable du Programme Sport et géopolitique et de l’Observatoire géopolitique de l’espace post-soviétique

Depuis 1945, l’ordre international repose sur une fiction selon laquelle le monde serait composé d’États souverains, égaux en droit, identifiables par des frontières, représentés à l’Organisation des Nations unies (ONU) et protégés par le principe d’intégrité territoriale. Cette grammaire n’est pas sans efficacité : depuis 1945, elle a accompagné la décolonisation, stabilisé le principe d’intangibilité des frontières et fait de l’État-nation la forme politique ordinaire de la souveraineté. L’ONU compte aujourd’hui 193 États membres, auxquels s’ajoutent quelques statuts intermédiaires, notamment celui d’État observateur non membre [1]. Pourtant, cette carte officielle ne dit pas tout. Elle laisse dans l’ombre des entités qui exercent une forme de pouvoir politique, administrent, délivrent des passeports, frappent monnaie, organisent des élections, disposent d’une armée ou d’une diplomatie officieuse, sans être admises dan

Cet article est réservé aux abonné·e·s

Abonnez-vous à la RIS

CAIRN.info