Restitution des biens culturels pillés durant la colonisation : la France de retour au premier plan ?

  • Pierre Firtion

    Pierre Firtion

    Journaliste indépendant

La Côte d’Ivoire célébrera prochainement la restitution par la France d’une pièce d’importance : un tambour à fentes, long de 3,30 mètres et pesant 430 kg. Connue sous le nom de Djidji Ayôkwé, cette pièce était officiellement réclamée depuis 2019 par les autorités ivoiriennes. Après une phase de restauration et de longs mois d’atermoiements, l’objet a regagné la Côte d’Ivoire le 13 mars dernier, 110 ans après avoir été pillé par les colons français. Sa restitution témoigne de l’importance que revêt le retour de pièces à forte teneur symboliques pour les populations africaines. Elle pointe aussi la lenteur de ces processus : rendre ce tambour aura pris… quatre ans et demi !

Pour accélérer et généraliser ces restitutions, le Parlement français vient d’adopter une loi-cadre, un texte majeur – longtemps repoussé – qui vient concrétiser la promesse formulée par Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou de rendre possible ces restitutions. Mais, avec la création d’une commission nationale de restitutions, en sus de comités scientifiques bilatéraux, et en l’absence de trajectoire financière pour développer la recherche de provenance, la France entretient le flou quant à sa réelle ambition en matière de restitutions de biens culturels à l’Afrique.