Fiche matière première : le niobium

  • Alexandre Roussel

    Alexandre Roussel

    Chercheur à l’IRIS, co-responsable du programme Énergie et matières premières

  • Zachary Pennes

    Zachary Pennes

    Assistant de recherche

Le niobium est un métal critique au coeur des aciers à haute performance, omniprésent dans les infrastructures, les transports et d’autres secteurs stratégiques de la transition énergétique. Cette diversité d’usages contraste avec une chaîne de valeur extrêmement concentrée. Près de 90 % de la production minière et 75 % des exportations de niobium raffiné provenant du Brésil.

Pour la France et l’Union européenne, cette dépendance constitue une source majeure de vulnérabilité, d’autant plus que les régions minières brésiliennes sont fortement exposées au dérèglement climatique et à d’éventuelles évolutions réglementaires susceptibles de restreindre l’accès à la matière.

Dans ce contexte, l’analyse de la chaîne de valeur du niobium et des risques qui y sont associés apparaît comme un préalable indispensable à toute stratégie visant à sécuriser les approvisionnements et à soutenir les objectifs de décarbonation et de résilience industrielle européens.


Afin d’illustrer son avis « Transition énergétique et matériaux stratégiques : dépendances, sobriété et recyclage » et dans le cadre de la révision de ses scénarios Transition(s) 2050, l’ADEME apporte une aide financière permettant à l’IRIS de réaliser des travaux de recherche prospectifs sur la géopolitique de la transition écologique et énergétique.

Ce projet de recherche se divisait en plusieurs axes, dont le premier consiste en l’analyse approfondie de 20 matières premières essentielles à cette transition de la France : quinze sont de nature minérale, cinq de nature agricole. Les matières premières étudiées ont été sélectionnées afin de permettre d’explorer une diversité d’enjeux géopolitiques se posant aux approvisionnements français.

Ce travail a donné lieu à la production de fiches, dont le présent document fait partie, qui retracent les enjeux liés aux différentes étapes de la chaîne de valeur de chacune de ces matières avec un prisme d’analyse des forces et des faiblesses de la France et de l’Europe. Les analyses sont réalisées à horizon 2050, et s’inscrivent dans un contexte de réchauffement climatique mondial de +2°C, conforme à la TRACC (trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique).