Fiche matière première : graphite naturel et synthétique

  • Alexandre Roussel

    Alexandre Roussel

    Chercheur à l’IRIS, co-responsable du programme Énergie et matières premières

Le graphite est un élément critique pour la transition énergétique : environ 40 % de la consommation mondiale de graphite est aujourd’hui liée à son utilisation pour la fabrication de batteries lithium-ion, principalement pour la production d’anodes. Avec la transition énergétique, la demande de graphite pourrait être multipliée par 3 au niveau mondial d’ici 2040. Deux filières coexistent : la filière naturelle et la filière synthétique.

La Chine contrôle la quasi-totalité de la chaîne de valeur du graphite. Elle produit 79 % des anodes naturelles et 98 % des anodes synthétiques, ce qui lui confère un avantage stratégique important dans le secteur des batteries. Une position ultradominante que Pékin cherche à maintenir en inondant le marché de produits à prix compétitif, et en restreignant l’accès à des technologies de production de graphite de qualité batterie.

L’objectif de cette fiche est de mettre en évidence le caractère stratégique du graphite, en examinant les vulnérabilités de la filière à la lumière des évolutions géopolitiques récentes et en identifiant les risques futurs, amplifiés par les effets du dérèglement climatique.


Afin d’illustrer son avis « Transition énergétique et matériaux stratégiques : dépendances, sobriété et recyclage » et dans le cadre de la révision de ses scénarios Transition(s) 2050, l’ADEME apporte une aide financière permettant à l’IRIS de réaliser des travaux de recherche prospectifs sur la géopolitique de la transition écologique et énergétique.

Ce projet de recherche se divisait en plusieurs axes, dont le premier consiste en l’analyse approfondie de 20 matières premières essentielles à cette transition de la France : quinze sont de nature minérale, cinq de nature agricole. Les matières premières étudiées ont été sélectionnées afin de permettre d’explorer une diversité d’enjeux géopolitiques se posant aux approvisionnements français.

Ce travail a donné lieu à la production de fiches, dont le présent document fait partie, qui retracent les enjeux liés aux différentes étapes de la chaîne de valeur de chacune de ces matières avec un prisme d’analyse des forces et des faiblesses de la France et de l’Europe. Les analyses sont réalisées à horizon 2050, et s’inscrivent dans un contexte de réchauffement climatique mondial de +2°C, conforme à la TRACC (trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique).