État des lieux de la désinformation climatique russe en Europe

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  • Mathilde Jourde

    Mathilde Jourde

    Chercheuse à l’IRIS, responsable du Programme Climat, environnement, sécurité

  • Éléonore Duffau

    Éléonore Duffau

    Chercheuse à l’IRIS

  • Smilla Guillaume

    Smilla Guillaume

    Assistante de recherche au sein du Programme Climat, environnement, sécurité de l’IRIS

  • Antoine Diacre

    Antoine Diacre

    Coordinateur de la recherche et responsable du pôle données, cartographie, infographie de l’IRIS

  • Coline Laroche

    Coline Laroche

    Adjointe à la communication

  • Victor Pelpel

    Victor Pelpel

    Directeur de l’innovation et de la stratégie éditoriale de l’IRIS

L’approche russe de l’information est ancrée dans l’héritage de la Russie soviétique, qui considère cet objet non comme un simple vecteur de communication, mais comme un véritable outil stratégique. Bien que la Russie ne soit pas le seul acteur de la guerre informationnelle, son approche se distingue notamment par l’importance des moyens financiers mobilisés ainsi que par certaines de ses méthodes : des « fermes à trolls » dans lesquelles des individus créent et relaient du contenu pour manipuler l’opinion ; des bots permettant également de diffuser massivement de faux contenus de manière automatisée.

La désinformation climatique russe en Europe désigne l’ensemble des contenus faux ou trompeurs relatifs aux changements climatiques, diffusés intentionnellement par la Russie et visant les États ou les institutions européennes à des fins stratégiques. Bien que l’attribution de son origine demeure complexe à établir, la désinformation climatique d’origine russe semble être diffusée par plusieurs canaux. Ainsi, cette désinformation est majoritairement dissimulée, véhiculée par des canaux contrôlés par l’État (46 %) ou des canaux liés à l’État (12 %). Cependant une part de la désinformation climatique russe est également assumée, diffusée notamment par des canaux officiels de l’État (2 %) ou des canaux alignés sur l’État (40 %).

Par ailleurs, la désinformation climatique russe cible principalement les politiques énergétiques et climatiques européennes (89 %), d’après les 120 cas de désinformation climatique russe recensés entre janvier 2021 et mars 2026.