Guerre hybride, un terme qui empêche l’action ?

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  • Guillaume Lasconjarias

    Guillaume Lasconjarias

    Directeur des études et de la recherche à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN)

HYBRIDITÉ

Le 19 mai 1635, suivant une antique façon de procéder, un héraut d’armes nommé Jean Gratiolet, représentant le roi de France, se présente à Bruxelles et demande audience au gouverneur des Pays-Bas espagnols, lequel ne donne pas suite. Faute de pouvoir la remettre en main propre, Gratiolet abandonne la déclaration sur la place du Sablon : cet événement constitue l’entrée officielle de la France dans la guerre de Trente ans (1618-1648), cataclysme européen débuté en Bohème et terminé par la double paix de Münster et Osnabrück – France et Espagne mettront plus de dix ans à clore ce cycle par la paix des Pyrénées (1659). Quel intérêt de rappeler cet épisode au moment d’évoquer la forme hybride des guerres ? Trois explications peuvent être avancées : la première tient de la justification immédiate. La France se porte au secours de l’archevêque de Trèves, estimé injustement attaqué par les Espagnols. L’argument s’app

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