De quoi les révoltes arabes sont-elles le nom ?

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  • Entretien avec Sophie Bessis

    Entretien avec Sophie Bessis

    Historienne

  • Propos recueillis par Didier Billion et Farida Belkacem, le 15 juin 2011

DIDIER BILLION ET FARIDA BELKACEM – La Tunisie a souvent été présentée comme ayant été à l’avant-garde des mouvements politiques et sociaux dans le monde arabe, peut-on dire que 2011 confirme cette assertion et que les dynamiques tunisiennes sont « exemplaires » pour le monde arabe ? > SOPHIE BESSIS – Pour des raisons liées à sa géographie et à son histoire, la Tunisie a toujours été une sorte de laboratoire dans le monde arabe. Aujourd’hui, on peut se demander si tous les soulèvements qualifiés de « révolutions arabes » peuvent revendiquer le nom de révolution. Pour l’instant, il me semble que seul le soulèvement tunisien mérite cette appellation, à condition qu’elle soit accompagnée de l’adjectif « démocratique ». Cet ajout est, à mon sens, essentiel dans la mesure où il détermine l’avenir de la transition que vit ce pays. En effet, contrairement à ce qui s’est passé en Égypte, la Tunisie n’a pa

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