De l’Occident de la Chine à ses marges septentrionales : aménagement territorial, enjeux stratégiques et facteurs humains

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  • Emmanuel Lincot

    Emmanuel Lincot

    Directeur de recherche à l’IRIS, co-responsable du Programme Asie-Pacifique

L’« Occident » de la Chine [1], judicieusement appelé ainsi par Thierry Kellner, est une région carrefour qui s’ouvre vers les mondes à la fois indien et centrasiatique. Géographiquement, elle comprend le Tibet mais aussi le Xinjiang, lequel jouxte les provinces autonomes septentrionales du Ningxia et la Mongolie intérieure. Ces terres du « Grand Ouest » et du Nord demeurent lointaines dans l’imaginaire des Han et nimbées d’exotisme. Elles sont encore à ce jour associées à l’aventure – avec une connotation souvent périlleuse – et à la gloire militaire, voire à la déchéance politique pour des générations de renégats – dont le cinéaste Wang Bing a relaté la tragédie [2]. En somme, dans l’esprit collectif de la majorité, cette vaste région est à la Chine ce que la Sibérie est à la Russie. Elle constitue un laboratoire des rapports de force entre centre et périphérie, mais aussi un formidable enjeu géopolitique pour le proje

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