Big Tech et pouvoir politique global : gouverner par les infrastructures

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  • Camille Boulenguer

    Camille Boulenguer

    Chercheuse à l’IRIS, directrice de l’Observatoire géopolitique du numérique et des technologies émergentes

  • Ophélie Coelho

    Ophélie Coelho

    Chercheuse associée à l’IRIS, doctorante CIS (CNRS)/Carism (Paris-Assas)

En janvier 2025, dans son dernier discours en tant que président, Joe Biden mettait en garde contre le « retour de l’oligarchie » aux États-Unis [1]. Derrière cette formule se trouve une inquiétude ancienne, celle de voir une minorité d’acteurs économiques accumuler suffisamment de ressources pour influencer voire capturer les institutions démocratiques. Une interrogation traverse ainsi l’histoire du capitalisme : que devient l’ordre politique lorsque le pouvoir économique acquiert les moyens de peser durablement sur l’exercice du pouvoir politique [2] ? La question oligarchique est aujourd’hui largement appréhendée à travers les individus qui concentrent ce pouvoir : des dirigeants d’entreprises disposant d’immenses fortunes, contrôlant parfois médias ou encore structures philanthropiques, et entretenant des relations directes avec les gouvernements. Cette focalisation rend moins visible une autre forme d’accumulation du pouvoir, inscrit

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