Notes / Observatoire géopolitique de l’Indo-Pacifique
20 mai 2026
Géopolitique des ports de l’Indo-Pacifique : le port de Chabahar — les limites de la « pression maximale »
Cette note a été publiée en anglais le 2 mai 2026 sur le site du think tank indien, la National Maritime Foundation, basé à New Delhi sous le titre « Chabahar Port « the limits of Maximum pressure » ». Sa traduction en français et sa reproduction interviennent dans le cadre d’une collaboration entre la National Maritime Foundation et l’Observatoire Géopolitique de l’IndoPacifique de l’IRIS sur le thème d’une série de notes spécialisées consacrées à la géopolitique des ports de l’Indo-Pacifique.
Le développement conjoint par l’Inde et l’Iran (auquel se sont ajoutés par la suite des engagements de l’Afghanistan et un intérêt soutenu de l’Ouzbékistan) du port iranien de Chabahar a longtemps été soumis à des incertitudes opérationnelles. Malgré l’imposition par les États-Unis d’un blocus sur tous les ports iraniens, cet article soutient que Chabahar n’est pas une anomalie qu’il faut gérer, mais plutôt un instrument à exploiter. Cependant, les conditions de cette exploitation ont fondamentalement changé. Ce qui était autrefois une question d’exemption de sanctions est désormais devenu une question de viabilité opérationnelle dans un contexte de coercition maritime active. Dans ce contexte modifié, le maintien — et, à terme, l’institutionnalisation — de la dérogation s’aligne sur les intérêts fondamentaux des États-Unis en permettant à ceux-ci d’exercer leur influence en Afghanistan tout en renforçant le rôle de l’Inde en tant que fournisseur de connectivité régionale.