Après le « Brexit » : quelle stratégie de défense pour l’Union européenne ?

  • Olivier de France

    Olivier de France

    Ancien.ne chercheur.se à l'IRIS

  • Jean-Pierre Maulny

    Jean-Pierre Maulny

    Directeur adjoint de l’IRIS

  • Dorota Richard

    Dorota Richard

  • Thibaud Harrois

    Thibaud Harrois

Le 23 juin 2016, le Royaume-Uni votait par référendum pour sortir de l’Union européenne. Depuis lors, les dirigeants européens tentent de s’accorder sur une réponse collective qui puisse permettre d’entraver les forces centrifuges qui minent la construction communautaire. Ils se sont réunis à Bruxelles les 28 et 29 juin, pour relancer l’Union en tentant de combler le fossé qui s’est creusé entre elle et les citoyens qu’elle représente. Dans un contexte économique et social volatil, les chefs d’Etats et de gouvernement se doivent d’oeuvrer en faveur d’un apaisement, pour éviter d’accentuer les dissensions internes au Royaume-Uni, à l’Europe et à la communauté transatlantique.

Cependant, l’Union européenne ne peut se contenter de gérer son avenir au gré de la succession des crises. Elle doit préparer un futur dont elle est motrice, et un projet qui puisse lui éviter d’affronter de manière désordonnée et réactive une succession de crises de ce type. Or le statu quo et la gestion technique des institutions à Bruxelles n’ont conduit ces derniers mois qu’à la remise en cause de certaines des briques fondatrices de l’Union européenne, de l’espace Schengen au principe de non-discrimination et à l’Etat de droit. L’UE se doit donc faire des propositions fermes et rapides, privilégiant l’intégration autour de domaines clés, avec des actions concrètes et des priorités définies clairement avec un nombre de partenaires réduit si nécessaire, mais qui progressent de concert et qui font preuve de confiance mutuelle. Cela nécessite un leadership fort et rapide des chefs d’État, et notamment du couple franco-allemand, soumis à une année électorale en 2017.

Certaines propositions ont déjà émergé, notamment dans le cadre de discussions nourries entre la France et l’Allemagne. Les ministres des Affaires étrangères français et allemand ont proposé le 27 juin la construction d’un nouveau pacte européen de sécurité, qui réponde aux attentes des citoyens européens en matière de protection. Du fait de la continuité structurelle entre sécurité intérieure et extérieure, un tel pacte intégrerait nécessairement les questions de défense. Cette proposition franco-allemande inclut notamment l’établissement d’un semestre européen de la défense qui puisse encourager une définition plus collective des besoins stratégiques européens, et la mise en pratique de la Stratégie globale de politique étrangère de l’Union européenne…