Quelques remarques sur le nouveau traitement pédagogique du « génocide arménien » dans les manuels scolaires de 3ème de collège

  • Aurélien Houssay

    Aurélien Houssay

    Diplômé en Histoire – Université Bordeaux III

Cette année, le programme d’histoire‐géographie de 3e a fait l’objet d’innovations importantes qui ont à juste titre soulevé des inquiétudes et des critiques. Parmi ces innovations, il y a le choix significatif de réserver deux pages pleines au « génocide arménien » de 1915. Le manuel des éditions Hachette parle d’une « extermination systématique des Arméniens », celui d’Hatier du « premier génocide européen du XXe siècle », et enfin celui de Belin d’une « violence exterminatrice ».

C’est là une approche partielle et partiale qui est imposée : les évènements sont coupés de leur cheminement chronologique et de leur espace géostratégique, selon une interprétation maximaliste et biaisée. Surtout, il n’est tenu aucun compte de l’état actuel de l’historiographie, laquelle ne saurait se résumer à un affrontement binaire entre deux positions hermétiques. Evidemment, cette insertion a jeté l’émoi au sein de la diplomatie et de la diaspora turques : comment aurait‐il pu en être autrement, face à un parti pris aussi flagrant ?