Quel partenariat pour la Marine nationale avec les acteurs de l’économie maritime ?

  • Tancrède Wattelle

    Tancrède Wattelle

    Doctorant, École navale/CNAM

« À partir de la fin de 2023, la recrudescence des attaques houthies en mer Rouge contre des navires marchands a profondément perturbé les flux commerciaux dans la zone. Entre décembre 2023 et janvier 2024, entre 70 % et 80 % des navires de commerce ont ainsi été déroutés pour éviter le détroit de Bab el-Mandeb. Tandis que certains armateurs ont privilégié le détour par le cap de Bonne-Espérance, d’autres préfèrent modifier leur comportement habituel en se rapprochant des côtes africaines, en communiquant avec la rébellion ou en misant sur la discrétion. Cette diversité des réactions n’a pas empêché l’attaque de plusieurs vecteurs par missile ou drone.

Le caractère inédit de la crise par l’aspect protéiforme de la menace (modes opératoires innovants, dimension informationnelle, résonance locale d’une crise régionale) a pris de court les armateurs, les institutions internationales ainsi que plusieurs marines. Le déploiement subséquent de bâtiments de combat en mer Rouge doit assurer la protection du trafic commercial, notamment sous forme d’escortes de convois. Les difficultés constatées dans l’interaction avec les acteurs de l’économie maritime ont entraîné un rappel à l’ordre de la part des principales associations d’armateurs. Alors que les intérêts maritimes retrouvent leur rôle de cible à part dans la conflictualité sous le seuil entre puissances, l’efficacité du partenariat entre une marine et les acteurs de l’économie maritime redevient un enjeu majeur, à plus forte raison quand ils partagent le même pavillon… »