Forces, faiblesses et ambiguïtés du système économique des Émirats arabes unis

  • Clément Bressy

    Clément Bressy

    Analyste en stratégie internationale, diplômé d’IRIS Sup’ en Géopolitique et prospective

Inséparable des débats nationaux et internationaux, le narcotrafic est de plus en plus intégré à l’actualité géopolitique. Mais plus encore que la contrebande de narcotiques, le recyclage des profits qui lui sont liés – comme ceux de toute autre activité illicite – constitue un maillon primordial du problème. Longtemps tancés pour ses lacunes à prévenir de telles activités, les Émirats arabes unis (EAU) ont fait montre d’une ferme détermination à restaurer leur crédibilité en la matière. Ainsi, le pays réussissait en 2024 le tour de force d’être rayé de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) et en 2025, de celle de l’Union européenne (UE). Qu’en est-il exactement ?

En réalité, la fédération des sept émirats golfiens sait manier l’équilibre entre ses différents intérêts. Si elle a pu se montrer proactive dans sa coopération internationale, en faisant évoluer sa législation anti-blanchiment de capitaux et financement du terrorisme (LBC-FT) et en donnant des gages à ses partenaires occidentaux, elle cherche à préserver par ailleurs des mécanismes qui contribuent à ses différents objectifs. De fait, la problématique du blanchiment est nichée au cœur des enjeux économiques et stratégiques du pays.