De Lobito à Project Vault : la montée en gamme de la stratégie minière états-unienne en Afrique

Depuis le retour au premier plan de la « sécurité économique » américaine, l’Afrique réapparait comme un théâtre explicite de sécurisation des ressources : cuivre pour l’électrification, cobalt et lithium pour les batteries, fer pour l’acier, sans compter les métaux critiques nécessaires aux semi-conducteurs et à certaines applications de défense. Le point de départ de Washington est connu : il n’existe pas de souveraineté minérale sans souveraineté industrielle. Or, sur une large partie des chaînes de valeur critiques, la Chine demeure dominante à la fois dans l’amont minier et surtout dans l’aval, c’est-à-dire le raffinage, la transformation et l’intégration industrielle.

Dans ce contexte, la stratégie états-unienne ne peut plus être lue uniquement à travers le prisme des corridors. Les développements de début 2026 montrent une montée en gamme : les États-Unis cherchent désormais à sécuriser simultanément les routes, les volumes, les droits d’achat, et dans certains cas des positions capitalistiques dans les actifs eux-mêmes. Les corridors ne sont plus une fin, mais un levier de négociation.