Notes / Observatoire des Criminalités internationales (ObsCi)
4 mars 2026
Crime et blanchiment : un enjeu stratégique dans la lutte contre le crime organisé
En l’espace d’une quarantaine d’années, l’économie mondiale a été le théâtre d’un certain nombre de bouleversements liés à l’explosion des flux financiers internationaux accompagnant la croissance du commerce international de marchandises et celle des investissements directs à l’étranger.
Dans son ouvrage, Julien Briot-Hadar rappelle notamment que 3 % des flux financiers internationaux relèvent du monde de l’illicite. Si 62 à 67 % d’entre eux sont liés à la fraude fiscale, 30 à 35 % seraient liés au blanchiment d’argent dans un contexte où les montages mis en place par les criminels sont de plus en plus sophistiqués et difficiles à détecter. Aujourd’hui, selon l’Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le chiffre d’affaires engendré par les diverses activités liées au crime organisé — trafic de migrants, d’armes, de drogues, contrefaçons de médicaments — s’élève à plusieurs centaines de milliards de dollars par an. En France, un rapport récent sur l’économie du trafic de drogues illégales faisait état de l’explosion du chiffre d’affaires de cette économie. Entre 2010 et 2023, celui-ci aurait triplé pour atteindre les 7 milliards d’euros. Des montants considérables qu’il faut blanchir et qui contribuent à l’irrigation de certains secteurs de l’économie nationale et au développement de la corruption de toutes les strates de la société.