Point de situation, perspectives de la relation franco-canadienne

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Les dissonances transatlantiques révélées à l’occasion de la crise irakienne furent l’occasion de mesurer les divergences politiques et stratégiques existant entre Washington et certains partenaires européens, la France et l’Allemagne en tête. Cette crise permit également d’entrevoir une position canadienne ne s’alignant pas systématiquement sur celle de Washington. Pour la première fois sur une question stratégique majeure, Ottawa refusa ainsi d’adopter la même attitude que Washington, et le gouvernement canadien décida de ne pas envoyer de troupes en Irak, provoquant une véritable rupture entre deux alliés réputés incontournables. Cependant, le désengagement du lien étroit qui unit Ottawa à Washington s’est progressivement manifesté, et n’apparaît donc pas tant comme une parenthèse dans la relation entre les deux partenaires (que serait la guerre en Irak) qu’une réorientation de la politique étrangère du Canada. Ottawa chercherait donc, en se démarquant peu à peu de son encombrant voisin, à s’imposer sur la scène internationale, et à trouver de nouveaux partenaires de premier plan, dont l’Union européenne, et la France en particulier, pourraient faire partie.

Pour la plupart des Canadiens, comme des Européens, les attentats du 11 septembre 2001 ont suscité un vif élan de sympathie et d’appui envers les Etats-Unis. Un exemple parmi tant d’autres fut l’aide immédiatement offerte : hébergement des nombreux passagers des vols qui ont été déviés vers le Canada lors de la fermeture de l’espace aérien américain, dons de sang, de provisions et d’argent. Certains canadiens se sont même rendus à Ground Zero dans le but de fournir une assistance technique et humanitaire. Une autre manifestation de la solidarité des Canadiens a pris la forme d’un affichage très répandu de drapeaux américains dans les jours qui ont suivi le 11 septembre. Phénomène rare, particulièrement dans le Canada anglophone, et hautement symbolique…