Turquie-Afrique du Sud : reflet de la nouvelle coopération sud-sud ?

  • Louis-Marie Bureau

    Louis-Marie Bureau

    Club du Millénaire

  • Lara Deger

    Lara Deger

    Club du Millénaire

  • Simon Rumel

    Simon Rumel

    Club du Millénaire

En partenariat avec le Club du Millénaire

Depuis août 2011, la Turquie et l’Afrique du Sud ont décidé de s’exempter mutuellement de leur régime de visas. Cet accord constitue une nouvelle étape de la collaboration entre ces deux pays. Il illustre les nouveaux rapports marqués par une coopération croissante des puissances émergentes.

Plusieurs caractéristiques communes relient l’Afrique du Sud à la Turquie : elles disposent d’une main-d’œuvre bon marché mais présentent une répartition du revenu et du patrimoine parmi les plus inégales au monde. Avant la crise de 2009, les deux pays enregistraient des taux de croissance supérieurs à 5% par an, sur plus d’une quinzaine d’années. À la période de restriction d’avant 1994 a succédé une rapide ouverture de l’économie sud-africaine orchestrée par Trevor Manuel, ministre des Finances de 1994 à 2009. Il réussit à attirer des investisseurs financiers sur le Johannesburg Stock Exchange (JSE). Le gouvernement sud-africain est d’ailleurs le seul représentant de l’Afrique au sein du G20 et a récemment intégré le groupe des puissances émergentes, maintenant dénommé BRICS (Brasil, Russia, India, China et South Africa). Pour sa part, l’économie turque enregistre, depuis trente ans, de profonds bouleversements : jadis centrée sur l’agriculture, elle s’appuie maintenant sur une industrie principalement manufacturière, textile notamment, et une offre de services compétitive sur la scène mondiale. Le renforcement des réseaux de communication et de l’appareil administratif a parallèlement permis le développement du secteur tertiaire et du tourisme. La Turquie s’impose désormais sur la scène internationale comme une économie émergente d’une grande vitalité, membre du G20 et classée 15e économie mondiale…