Point de bascule amazonien : enjeux sécuritaires des changements climatiques et de la déforestation de la forêt amazonienne

  • Mathilde Jourde

    Mathilde Jourde

    Chercheuse à l’IRIS, responsable du Programme Climat, environnement, sécurité

  • Dorine Buchot

    Dorine Buchot

    Assistante de recherche au sein du Programme Climat, environnement et sécurité de l’IRIS

  • Martin Collet

    Martin Collet

    Assistante de recherche au sein du Programme Climat, environnement et sécurité de l’IRIS

Cette note fait partie d’une série de notes de l’Observatoire Défense et Climat dédiée aux points de bascules identifiés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Après une première note au sujet du ralentissement, voire à l’effondrement, de la circulation méridienne de retournement atlantique nord (AMOC), cette note se concentre désormais sur la forêt amazonienne et son point de bascule.

Le point de basculement potentiel du biome amazonien est souvent présenté comme une transformation rapide et globale de ses écosystèmes vers un état évoquant la savane. Toutefois, au regard des connaissances scientifiques actuelles, une incertitude considérable subsiste quant au calendrier, à l’échelle spatiale et au type de végétation vers lequel le biome pourrait évoluer. La communauté scientifique s’accorde à reconnaître que la forêt amazonienne connaîtra, au rythme actuel de sa dégradation, une mortalité sans précédent de ses écosystèmes, entraînant une réduction significative de la couverture végétale et des effets en cascade considérables. Il est donc essentiel que ces données soient prises en compte au niveau politique, ainsi que militaire, afin que des réponses adéquates soient mises en place, tant en termes d’atténuation des phénomènes de dégradation de la forêt amazonienne, qu’en termes d’adaptation de populations, des institutions et des États.

En mettant en lumière les conséquences sécuritaires liées à la dégradation de la forêt amazonienne et au risque de franchissement de son point de bascule, cette note souligne leurs répercussions sur la sécurité humaine. L’analyse des enjeux géopolitiques (tensions entre la protection des écosystèmes et la souveraineté des États, ainsi que l’internationalisation) ainsi que l’impact d’ores et déjà prégnant de ces évolutions sur les plans opérationnel (augmentation des opérations HADR et hausse de la criminalité environnementale) et capacitaire (inadaptation de certains matériels et des équipements) démontre également que la situation sécuritaire est susceptible de s’aggraver si ces dégradations se poursuivent.