La posture sécuritaire de la Chine dans le Mékong

  • Caroline Ferré

    Caroline Ferré

    Analyste, diplômée d’IRIS Sup’

La première participation depuis le coup d’État du 1er février 2021 du général Min Aung Hlaing, chef de la junte militaire birmane, au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, est largement passée inaperçue dans le paysage médiatique. À l’inverse, l’inauguration, en avril 2025, de la base de Ream, rénovée grâce au financement chinois, a largement retenu l’attention de la presse. Ces deux événements, bien que distincts, traduisent une même réalité : sous l’impulsion du président Xi Jinping, la Chine cherche à affermir sa position dans la sécurisation de son voisinage qu’elle conçoit comme son sanctuaire stratégique.

Cette note vise à adopter une grille de lecture sécuritaire, plutôt qu’un point de vue économique, très souvent choisi quand il s’agit de la Chine. Elle s’attache à mettre en lumière la conception chinoise élargie de la sécurité, qui dépasse la seule dimension militaire pour englober des instruments policiers. Elle examine les moyens et modes d’action déployés par la Chine – bilatéraux et multilatéraux, militaires et policiers. Elle relativise également l’impact de certaines initiatives chinoises, qui versent parfois davantage dans une stratégie de communication. Enfin, elle invite à nuancer la perception d’une dépendance univoque des « petits États » comme la Birmanie et le Cambodge à l’égard de leur puissant voisin, qui disposent de plusieurs choix stratégiques et à reconsidérer, dans ce contexte, la centralité de l’Association of Southeast Asian Nations (ASEAN).