Irak 2025 : un pluralisme de façade au service du statu quo ?

  • Léna Loussert

    Léna Loussert

    Diplômée de l’Académie diplomatique de Vienne et d’IRIS Sup

La vie politique irakienne connaît un moment charnière depuis les élections législatives du 11 novembre 2025, au cours desquellesles électeurs ont désigné les 329 membres du Conseil des représentants, le Parlement monocaméral de la République d’Irak. Ce scrutin s’est tenu dans un contexte de crise durable de légitimité du système politique, malgré lesréformes engagées à la suite du mouvement de contestation d’octobre 2019 (Tishreen).

Fondé sur un partage confessionnel et ethnique du pouvoir (muhasasa), l’ordre politique irakien est régulièrement dénoncé pour son incapacité à produire une gouvernance efficace et responsable. Si le Tishreen a dénoncé les pratiques de corruption, de clientélisme et d’ingérence extérieure, les élections qui ont suivi ont jusqu’ici mis en évidence la capacité du système à absorber les chocs sans se réformer.

Plus qu’un simple exercice démocratique, ce scrutin révèle les rapports de force profonds du pays : recomposition des blocs, rôle pivot des partis kurdes et primauté des négociations de coulisses. Ces élections ouvrent-elles enfin la voie à une réforme du système, ou confirmentelles la survie d’un ordre capable de durer par l’inertie ?