Guerre informationnelle : comment l’Estonie fait face aux menaces hybrides russes

  • Elena Mayeux

    Elena Mayeux

    Analyste en stratégie internationale, diplomée d’IRIS Sup’

Les élections « présidentielles » moldaves et roumaines, les Jeux olympiques de Paris, les manifestations d’agriculteurs en Allemagne : en 2024, ces évènements majeurs au sein de l’Union européenne ont été les cibles de vastes campagnes de désinformation russe. Ces opérations, menées en grande partie sur les réseaux sociaux, avaient pour objectif de déstabiliser, d’affaiblir et de saper la cohésion des pays occidentaux.

Les États baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie) sont, pour leur part, en première ligne face à la guerre informationnelle menée par la Russie. Situés à la frontière russe, ces trois pays sont régulièrement victimes de campagnes massives de désinformation, en particulier depuis l’annexion de la Crimée, en 2014. Les États baltes ont en effet fait partie des premiers à condamner l’annexion de la Crimée par la Fédération de Russie. Ces condamnations et prises de position s’inscrivent dans un processus plus large de réappropriation de leur propre histoire qui se traduit par une diminution de l’importance accordée dans l’espace public aux symboles de la domination soviétique. Cette réappropriation se manifeste par le retrait et le démantèlement de nombreux monuments et symboles de l’ère soviétique.