Podcasts
28 janvier 2026
Guerre et puissance : malheur aux vainqueurs. Avec Bertrand Badie
Les conflits contemporains connaissent de profondes mutations qui ne traduisent pas un retour mais plutôt un changement de nature de la notion de puissance. Si depuis 1945 gagner une guerre pouvait encore signifier « être le plus fort » ou disposer de « plus de moyens » que l’adversaire, « faire la guerre » ne correspond plus aujourd’hui à la conception de la guerre moderne héritée de Clausewitz. Comme le souligne Bertrand Badie, « ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie post-soviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l’armée israélienne à Gaza n’ont réussi à imposer l’ordre et la stabilité comme le faisait autrefois la puissance. ». L’« énergie sociale » qui émerge de la société civile est au cœur de cette transformation de la puissance. Elle fait émerger un paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus la société civile se mobilise et échappe au contrôle des États, refaçonnant ainsi les relations internationales et les rapports de force. Comment comprendre cette reconfiguration des relations internationales ? Que recouvre exactement cette notion d’« énergie sociale » ? En quoi permet-elle d’éclairer l’impasse israélo-palestinienne ou encore la posture internationale face aux États-Unis ?
Bertrand Badie, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, aborde ce sujet. Il est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale », publié aux Éditions Odile Jacob.