Notes / Asia Focus
29 novembre 2018
L’UE face aux nouvelles routes de la Soie : contradictions et perspectives
Lorsqu’en 2013, le Président chinois Xi Jinping a pour la première fois évoqué l’idée d’« une ceinture économique de la route de la soie » au Kazakhstan et d’« une Route de la soie maritime du XXIe siècle » en Indonésie, cette nouvelle conception a eu peu de résonnance dans le monde. Mais, cinq ans après, cette initiative de la ceinture et de la route (BRI), dite des « nouvelles routes de la soie », est déjà considérée comme la stratégie centrale sur les plans diplomatique et économique pour la Chine du XXIe siècle, et tous les acteurs internationaux commencent à se positionner par rapport à ce projet très ambitieux.
Comme illustration de ce phénomène, le premier sommet de la BRI s’est tenu à Pékin le 15 mai 2017, en présence de représentants originaires d’une centaine des pays. Selon les autorités chinoises, soixante-huit pays étaient désormais officiellement associés au projet, tandis que 270 accords de coopération avaient été signés.
Le projet des nouvelles routes de la soie vise donc à forger de nouveaux liens entre l’Asie et l’Europe par le développement d’un corridor de transport eurasiatique, perçu comme une revitalisation de l’antique Route de la soie. Il a aussi pour objectif de connecter les routes du commerce maritime asiatique, africain et européen. L’ensemble s’étend sur environ 13 000 kilomètres et touche près des deux tiers de la population mondiale…