Sahel. Face à l’insécurité, l’Aide publique au développement ne peut se contenter de slogans

La communauté des donateurs a coutume de répéter que sans sécurité il n’y a pas de développement et sans développement, il n’y a pas non plus de sécurité. Mais que fait-elle pour financer la sécurité ? En réalité l’idée de financer la sécurité lui répugne profondément. Certaines institutions telle la Banque mondiale, se réfugient même derrière leurs statuts préparés il y a 70 ans, pour refuser toute immixtion en ce domaine. Seule l’Union européenne, avec beaucoup de réticence, de précautions et de lourdeurs, commence très timidement à financer la formation de forces de sécurité comme avec son programme EUTM au Mali et, le cas échéant, à payer un peu d’équipement non létal.

En gros, pour la communauté des bailleurs, cette phrase qui est devenue un slogan sert uniquement à rappeler la nécessité d’accompagner les efforts sécuritaires par une action de développement, point sur lequel tout le monde est bien sûr d’accord. Comment conduire par contre une action de développement efficace en situation de grave insécurité ? Personne ne le sait. Il est par conséquent imaginé un phasage en deux étapes : en premier il faut restaurer la sécurité, puis interviendront les développeurs. La restauration de la sécurité est l’affaire des forces de sécurité locales mais, dans ce type de situation, elles en sont généralement incapables. On fait donc appel aux forces de maintien de la paix des Nations unies et/ou à des interventions militaires étrangères dans le cas de mandats des Nations unies. Les grandes agences de développement doivent se préoccuper, une fois la sécurité restaurée, de la relance de l’économie et de la remise en route des services sociaux et de base…