La Turquie face à la guerre en Iran : un acteur clé qui pourrait changer l’équation

  • Tolga Bilener

    Tolga Bilener

    Directeur du Centre de recherches stratégiques de l’Université Galatasaray (Istanbul)

« Nous ne sommes pas un pays qui se laisse facilement provoquer. Dieu merci, nous n’avons aucune difficulté à défendre notre propre sécurité. Mais nous savons aussi très bien ce que signifie céder à la provocation et être entraîné dans une guerre ». C’est par ces mots que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a exprimé, le 7 mars 2026, la position d’Ankara face à la guerre au Moyen-Orient, laquelle a bouleversé les équilibres déjà fragiles dans toute cette région. Une position réitérée le 10 mars par le président turc Recep Tayyip Erdoğan lors d’un appel téléphonique avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian. Le président turc a souligné lors de l’entretien que la Turquie était affectée négativement par des conflits auxquels elle n’est pas partie et que la violation de l’espace aérien ne saurait être tolérée.

Depuis près de deux semaines et les débuts de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, la Turquie observe ce conflit depuis une position délicate : géographiquement proche, politiquement et économiquement concernée, mais militairement en dehors de l’opération. Les autorités turques ont multiplié les appels à la retenue depuis le 28 février, tout en surveillant attentivement les effets collatéraux du conflit dans toute la région…