Intervention des États-Unis au Venezuela : quand la lutte antidrogue est instrumentalisée

  • Michel Gandilhon

    Michel Gandilhon

    Membre du Conseil d’orientation scientifique de l’ObsCI

Après plusieurs mois de pression exercée à l’encontre du régime de Nicolàs Maduro, l’administration de Donald Trump est passée à l’attaque directe en frappant le cœur du régime vénézuélien. Le 3 janvier 2026, après des bombardements sur Caracas visant à annihiler toute riposte de la garde présidentielle, un commando des forces spéciales de la CIA a arrêté puis exfiltré le président et son épouse, Cilia Flores, afin de présenter le couple devant la justice américaine. L’opération qui a conduit à la capture de Maduro a eu lieu 36 ans jour pour jour après l’arrestation de Manuel Noriega, l’ancien chef d’État du Panama et cible de la dernière intervention américaine de changement de régime en Amérique latine. Cette opération de police constitue une énième illustration de l’évolution des relations internationales depuis la Première et la Seconde Guerre mondiale et singulièrement depuis la fin des années 1990, marquées aux États-Unis par l’hégémonie du courant néoconservateur. Elles marquent la crise tendancielle de l’ordre westphalien reposant sur la souveraineté des États.