Druzes de Syrie : entre rapport au nouveau pouvoir central et ingérences israéliennes

  • Thomas Sarthou

    Thomas Sarthou

    Analyste en stratégie internationale, diplômé d’IRIS Sup

La reprise du Nord-Est syrien par les autorités de Damas marque une étape majeure dans la période de transition que connaît le pays. La stratégie de son nouveau dirigeant Ahmed Al-Charaa, basée sur une fine compréhension des rapports de force en présence sur le terrain et la mobilisation d’appuis internationaux, s’est révélée particulièrement efficace pour mener à bien cette opération.

Dans l’attente du règlement politique à la « question kurde » syrienne, amorcée par la signature d’un accord global ce 30 janvier, se dresse au Sud un autre défi, similaire en apparence mais singulier à bien des égards : la province de Sweïda. Principalement peuplée par des Druzes – population arabe pratiquant un courant ésotérique de l’Islam – cette région a récemment été le théâtre d’affrontements sanglants lors d’une tentative de Damas de la réintégrer dans son giron.

Sortie exsangue de quatorze années de guerre civile, marquée qui plus est par une politique méthodique d’affaiblissement de l’État menée par le régime Assad, la Syrie souffre d’une accumulation de contraintes qui complexifie la phase de transition actuelle : fragmentation de l’autorité, persistance des logiques de confrontation dans la relation au pouvoir ainsi que dans son exercice, et rapport de dépendance à l’étranger. Dans le Sud, la question de l’unité syrienne se heurte de surcroît à des dynamiques anciennes, issues d’une histoire longue de la communauté druze, que la conjoncture, à la fois nationale et régionale, est venue raviver.