Refonder l’OTAN pour que vive l’alliance

L’OTAN a soixante-dix ans. Elle a survécu à la disparition de l’empire soviétique, oeuvré à la pacification de l’ex-Yougoslavie, contribué à réunir les pays d’Europe de l’Est au reste de l’Europe et participé à l’expédition américaine en Afghanistan. « Mission accomplished » serait-on tenté de dire. D’autant plus qu’elle continue à être utile en rassurant les États directement confrontés à l’agressivité de la Russie.

Jamais pourtant les interrogations sur sa pérennité n’ont été aussi nombreuses. Il a suffi d’un mot – « obsolète » – pour que de part et d’autre de l’Atlantique on se pose la question : « l’OTAN peut-elle mourir ? ». Vraiment ?

C’est un paradoxe, car si le lien politique transatlantique s’est profondément détérioré, jamais l’OTAN en tant qu’organisation militaire ne s’est aussi bien portée. Comme le relève à juste titre Bruno Tertrais : « l’OTAN va bien… mais l’Alliance atlantique va mal ».

Le fait est que les reproches s’accumulent de part et d’autre de l’Atlantique. Le mariage bat de l’aile sans pour autant que les partenaires se résolvent à se quitter. Il serait préférable qu’ils refondent leur relation avant de s’envoyer les plats à la figure. Mais comment ? …