Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Accueil
english version  

 
FLUX RSS Flux RSS

 

La Revue internationale et stratégique N°51
automne 2003

LE DOSSIER : Les conflits asymétriques, l'avenir de la guerre ?

sous la direction de Barthélémy Courmont

PRESENTATION DE LA REVUE

ANCIENS NUMEROS
LES AUTRES PUBLICATIONS DE L'IRIS

ABONNEMENT À LA REVUE
ADHESION À L'IRIS ET ABONNEMENT A UN TARIF PRIVILEGIE

COMMANDEZ LA REVUE AU NUMERO
COMMANDER UN ARTICLE À L'UNITÉ (CAIRN)

CONTROVERSE
Steven E. MILLER : Le triomphe du scepticisme. L'Administration Bush et le déclin de la maîtrise des armements
Jacques SAPIR : Endiguer l'isolationnisme interventionniste providentialiste américain
Robert CHARVIN : La "doctrine". Notes critiques sur le discours dans le domaine du droit international et des relations internationales

TENDANCES
Daniela HEIMERL : L'Allemagne et l'élargissement de l'Union européenne à l'Est
Barah MIKAÏL : Du wait and see à l'anticipation rhétorique : redéfinition forcée de la stratégie politique syrienne

DOSSIER : LES CONFLITS ASYMÉTRIQUES. L'AVENIR DE LA GUERRE ?
Barthélémy COURMONT : L'émergence de nouveaux acteurs asymétriques

Un concept aux multiples facettes
Sophia CLÉMENT-NOGUIER : Sécurité du fort contre asymétrie du faible
Laura GASTELLIER : Armes nucléaires et asymétrie
Karin von HIPPEL : Définir les origines du terrorisme : un débat transatlantique ?

Mise sur agenda politique et discours sécuritaire : le migrant comme menace
Marcello MANERI : La construction d’un sens commun sur l’immigration en Italie. Les « gens » dans le discours médiatique et politique
Heike HAGEDORN : L’immigration dans le débat politique allemand
Albert KRALER : Les élections autrichiennes de novembre 2002 : de l’extrême droite au national-populisme

Les acteurs asymétriques : études de cas
Nathalie HOFFMANN : L'asymétrie en Asie du Sud-Est, un mode opératoire systématique ?
Darko RIBNIKAR : Les leçons de la campagne du Kosovo
Olivier ZAJEC : L'Afghanistan, un paradigme asymétrique relatif
Jean-Jacques KOURLIANDSKY : Les États-Unis et la Colombie : une réponse graduée à une menace virtuellement asymétrique

EN LIBRAIRIE
Lecture critique
Catherine POUJOL et Boris-Matthieu PÉTRIC : État de la littérature sur l'Asie centrale contemporaine

Comptes rendus
Avec Pierre ANOUILH, Pascal BONIFACE, Barthélémy COURMONT, Josepha LAROCHE, Stephan MARTENS, Sylvie MATELLY et Emmanuel PUIG.

LES AUTEURS

RESUMES-ABSTRACTS

LES ACTIVITÉS DE L'IRIS
(avril, mai, juin 2003)


Steven E. Miller :   Le triomphe du scepticisme. L’Administration Bush et le déclin de la maîtrise des armements

« Le projet de protocole en cours de négociation pendant ces dernières années est, à notre avis, mort. Il est mort et ne sera pas ressuscité. Il s’est révélé être une impasse. » Il s’agit là du commentaire du sous-secrétaire d’État américain pour la maîtrise des armements (arms control), John R. Bolton, lors d’une conférence de presse, à Genève, le 19 novembre 2001. Il illustre de façon frappante la nouvelle attitude de Washington, beaucoup plus sceptique à l’égard de la maîtrise des armements et des traités internationaux. Les attentats du 11 septembre 2001 ont renforcé cette tendance à douter de l’efficacité des traités et des régimes et à conclure que les options unilatérales et, si nécessaire, les actions des États-Unis soutenues par des « coalitions de bonnes volontés », sont aujourd’hui les meilleures garantes de la sécurité américaine.

Jacques Sapir :   Endiguer l’isolationnisme interventionniste providentialiste américain

La guerre en Irak de 2003 ne doit pas être considérée comme la simple continuation de celle de 1991, qui correspondait à la manifestation d’une pensée impériale américaine. Or, il existe, depuis le 11 septembre 2001, une accumulation d’indices allant dans le sens d’un abandon du projet impérial au profit d’une reconfiguration tant idéologique qu’institutionnelle aux États-Unis. L’émergence d’un projet politique combinant isolationnisme et interventionnisme, et se fondant dans une large mesure sur une idéologie religieuse de type providentialiste, constitue probablement l’enseignement le plus marquant de la guerre en Irak. Les conséquences pour le rapport aux États-Unis en sont considérables et donnent au différend entre Paris et Washington une dimension particulière.

Robert Charvin :   La « doctrine ». Notes critiques sur le discours dans le domaine du droit international et des relations internationales

La communauté des juristes admet l’existence d’une « doctrine » juridique, c’est-à-dire d’une dogmatique, d’une explication globale de la régulation juridique, élaborée par des juristes s’autoproclamant concepteurs de cette doctrine. Celle-ci, qui n’est pas sans exercer une certaine influence sur le politique, est elle-même peu éloignée du pouvoir. Elle assiste le législateur en faisant système, sous couleur de faire prendre conscience de la cohérence ou des contradictions de son œuvre. Ainsi, sa fonction de « prêter son concours » aux pouvoirs publics et privés ne fait pas de la « doctrine » une source subsidiaire du droit international, en cas de déficience des autres sources : à une époque où l’on se plaît à répéter que le mouvement du monde a perdu tout sens historique et que les sociétés ont perdu tout projet, la « doctrine » exerce peut-être une fonction essentielle.

Daniela Heimerl :   L’Allemagne et l’élargissement de l’Union européenne à l’Est

Les processus de transformation profonds que connaissent les pays de l’Europe centrale et orientale depuis 1990 ont changé à la fois les objectifs et les instruments de la politique étrangère allemande, modifiant les fonctions des institutions internationales les plus importantes telles que l’Union européenne (UE). La préservation de la prospérité économique et la sauvegarde de la sécurité ont cédé la place à l’« exportation » de la stabilité. Sur cette toile de fond, la refonte et l’extension de l’UE conjuguent les intérêts les plus importants et les défis les plus grands qui se posent, à l’heure actuelle, à la politique étrangère allemande. L’élargissement de l’UE est ainsi intrinsèquement lié à l’interrogation suivante : quel sera le futur rôle de l’Allemagne en Europe et comment définir les intérêts allemands en Europe centrale ?

Barah Mikaïl :   Du wait and see à l’anticipation rhétorique : redéfinition forcée de la stratégie politique syrienne

Les récentes menaces proférées par certains membres de l’Administration américaine à l’encontre de la Syrie semblent confirmer des craintes maintes fois affichées par Damas : le risque de voir une présence militaire américaine en Irak se perpétuer et provoquer un remodelage politique de tout le Moyen-Orient. Soumis désormais à des pressions intenses de la part de Washington, le gouvernement syrien semble ainsi devoir procéder à une révision de sa stratégie politique, substituant progressivement et par la force des choses à sa traditionnelle politique du wait and see une rhétorique qu’il espère capable de faire valoir ses positions politiques sur la scène internationale. Reste à savoir si ce choix pragmatique pourra, à l’avenir, préserver le pays des ambitions américaines et israéliennes affichées à son encontre.

Sophia Clément-Noguier :   Sécurité du fort contre asymétrie du faible

Les acteurs asymétriques disposent de moyens disproportionnés et d’objectifs militaires et politiques divergents. Ils recherchent l’avantage stratégique pour parer à leurs propres faiblesses, contourner la supériorité technologique et politique de leur adversaire, et accroître ainsi sa vulnérabilité, en utilisant des moyens alternatifs. La guerre asymétrique marque ainsi la fin de la « guerre classique », fondée sur l’équilibre des forces entre deux pôles et la dissuasion nucléaire. Souvent appelée l’« arme du faible », l’asymétrie permet d’obtenir des résultats disproportionnés par rapport aux moyens utilisés, généralement très limités. Dès lors, les postulats traditionnels en matière de sécurité sont totalement bouleversés, à tel point qu’il nous est permis de considérer que l’asymétrie a pour effet de renforcer un sentiment général d’insécurité, lui-même disproportionné.

Laura Gastellier :   Armes nucléaires et asymétrie

Si l’asymétrie constitue un phénomène ancestral, tant en Occident qu’en Orient, elle a néanmoins sans doute pris davantage d’ampleur depuis la fin de la guerre froide. L’asymétrie puise, pour partie au moins, cette « ampleur nouvelle » dans la rupture de symétrie engendrée par l’intense politique américaine de dissymétrie. Or, le fait nucléaire est au cœur non pas seulement de cette dissymétrie américaine, mais aussi du phénomène même de la dissymétrie en général, qui existe entre les « forts » – le « club atomique » – et les « faibles » – privés de l’arme atomique. En d’autres termes, si les armes nucléaires sont intimement liées à la dissymétrie, il est très intéressant d’étudier les liens que peuvent entretenir ces mêmes armes avec l’asymétrie, pour ensuite essayer de dresser une typologie des « possibilités asymétriques » d’emploi d’armes nucléaires.

Karin von Hippel :   Définir les origines du terrorisme : un débat transatlantique ?

Suite aux événements du 11 septembre 2001, l’Administration Bush a principalement réagit en renforçant les activités policières, militaires et celles relatives au renseignement, tout en adoptant et en appliquant de nouveaux instruments financiers et juridiques. Un an et demi et deux guerres plus tard, le gouvernement des États-Unis a décidé d’officialiser ces efforts en publiant la National Strategy for Combating Terrorism, en février 2003. Cependant, une étude plus approfondie de la question révèle que, bien qu’une certaine énergie ait été déployée pour comprendre les causes du terrorisme et s’y attaquer dans les deux années qui ont suivi les attentats du 11 septembre, la réponse à ces problèmes n’a pas été adéquate. En effet, la rhétorique – de chaque côté de l’Atlantique – n’a pas été accompagnée de manière satisfaisante de réformes réalistes et solides.

Nathalie Hoffmann :   L’asymétrie en Asie du Sud-Est, un mode opératoire systématique ?

Depuis la fin de la guerre froide on assiste à une très forte accentuation des conflits de basse intensité ainsi que des opérations de guérilla et des actes de terrorisme. Cette tendance a été tout particulièrement significative en Asie du Sud-Est. Toutefois, plutôt que se positionner dans le débat actuel sur les menaces asymétriques ou faire un tableau descriptif et uniquement historique des mouvements qui y ont recours dans cette région, il semble plus intéressant d’analyser en quoi l’asymétrie a pu connaître des évolutions dans cette partie du monde. La prise en compte des différentes formes de cette menace par les sociétés autant que par les autorités locales, la part de plus en plus importante qu’occupent ces questions depuis l’automne 2001, ainsi que le déclenchement de la lutte antiterroriste par les États-Unis, semblent le justifier.

Darko Ribnikar :   Les leçons de la campagne du Kosovo

L’intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) au Kosovo, en 1999, représente sans nul doute l’un des conflits les plus déséquilibrés depuis la fin de la guerre froide. Face à un petit pays affaibli par des guerres successives, de multiples embargos et une économie affectée par la corruption, s’est déployée la plus puissante des alliances. Dans un tel contexte, la bataille semblait gagnée avant même qu’elle ne soit engagée. Et pourtant, l’histoire nous démontre qu’il ne faut jamais sous-estimer son adversaire. Si les dirigeants de l’OTAN pensaient en effet que les opérations ne dureraient que trois jours, 78 jours de bombardement furent finalement nécessaires avant que les troupes de l’OTAN ne prennent le contrôle de la province. Cette guerre, si inégale fut-elle, a réservé son lot de surprises aussi bien pour l’OTAN que pour les Yougoslaves.

Olivier Zajec :   L’Afghanistan, un paradigme asymétrique relatif

Le conflit en Afghanistan a symbolisé l’entrée de la première puissance du monde sur l’un des nombreux terrains d’une confrontation asymétrique avec un ennemi mouvant et désincarné, confrontation appelée à se prolonger, de mutation en mutation. La « globalité » entraîne en effet la pluralité des réponses et des scénarios, et non leur uniformisation, et ce, par nécessité : devenir imprévisible et adopter une doctrine mouvante au service d’une volonté ferme est la seule réponse du « fort » dans un rapport d’asymétrie. Un retour sur quelques-unes des leçons de l’Afghanistan est intéressant à deux égards : tout d’abord la prise en compte du rapport asymétrique par les Américains et le test de nouveaux modes de combat ; ensuite, la répercussion des « leçons de l’Afghanistan » sur le budget américain de la défense.

Jean-Jacques Kourliandsky :   Les États-Unis et la Colombie : une réponse graduée à une menace virtuellement asymétrique

Les menaces diffuses identifiées par les États-Unis, à la fin de la guerre froide, comme étant nouvelles et asymétriques, ont été accentuées, ces dernières années, par l’émergence de la perception d’une menace particulière, ciblée sur la Colombie. Après les attentats du 11 septembre 2001, certaines réalités colombiennes – la culture et le trafic de stupéfiants, la corruption de l’État et la présence d’acteurs violents non étatiques – font l’objet d’un traitement spécifique, articulant des moyens civils et militaires. Il s’agit d’apporter, d’un point de vue nord-américain, la réponse globale la plus appropriée à un risque pour la sécurité nationale. Qualifié de nouveau, en raison de ses retombées à la fois limitées et différées mais latentes et permanentes, ce risque comporterait un potentiel de nuisance asymétrique.


Institut de Relations Internationales et Stratégiques
2 bis, rue Mercoeur - 75011 PARIS
Tél. : 33 (0) 1 53 27 60 60 – Fax : 33 (0) 1 53 27 60 70
contact@iris-france.org