Notes / Sport et géopolitique
31 octobre 2017
Le sport au cœur de la stratégie étatique

IRIS : Vous avez été conseillère des Sports auprès de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République de 2007 à 2012 : quel était votre rôle ?
SOPHIE DION : J’ai été conseillère pour le sport pendant cinq ans, soit pendant toute la durée du mandat. Dans le cadre de ces fonctions, j’ai bénéficié d’un triple avantage. Nicolas Sarkozy avait une très juste vision du monde du sport. Il avait pleinement conscience de l’impact économique, politique et social que peut avoir le sport. Il souhaitait construire une politique globale et cohérente. Cette connaissance du milieu sportif et l’intérêt qu’il y portait nous ont permis d’ouvrir de nombreux chantiers.
Déjà a été mise en place une politique d’accueil des événements sportifs, centralisée à l’Elysée : d’où l’obtention en France de plusieurs championnats d’Europe et du monde, de la Ryder-cup, de l’Euro 2016 pour ne citer qu’eux, sans oublier la préparation et la gestion du championnat du monde de Val d’Isère en 2009.
À ce moment-là, mettre en oeuvre une politique d’accueil des grands évènements sportifs était un pari audacieux mais qui se comprend parfaitement. Nous avions compris qu’il s’agissait d’une vitrine extraordinaire pour notre pays, nos régions et nos villes, permettant des retombées économiques importantes ainsi qu’une vraie richesse sociale. Si aujourd’hui, tout le monde semble avoir compris l’impact que pouvait avoir le sport sur la vie d’un pays, c’était quelque chose qui n’était pas du tout acquis en 2007. Mon travail a donc été de faire prendre conscience de la transversalité du sport ainsi que du caractère crucial de ces enjeux.
Une autre priorité a été la protection du statut du sportif de haut niveau et l’aménagement de sa vie après sa carrière sportive. Un dispositif a été mis en place pour conférer des droits à la retraite et pour favoriser la réinsertion. Nous avons, pour les sportifs de haut niveau, une vraie responsabilité. Il ne suffit pas de les glorifier quand ils gagnent ou portent les valeurs et le drapeau d’un pays. Il faut aussi être là quand les lumières s’éteignent…