La tentation civilo-militaire

  • François-Xavier Delmonteil

    François-Xavier Delmonteil

    Docteur de l’École polytechnique

Si la relation de cause à effet reste encore à préciser, le changement climatique semble participer d’une accélération et d’une aggravation des catastrophes naturelles. Les organisations de secours doivent ainsi répondre à des besoins accrus en termes d’assistance aux populations et être en capacité d’intervenir sur des terrains opérationnels de plus en plus difficiles, ce qui requière un panel de moyens et de compétences de plus en plus large. Dans ce contexte, on assiste à une multiplication du nombre d’acteurs de secours sur les théâtres humanitaires : des organisations non gouvernementales, des organisations internationales et des acteurs de secours publics. Cependant, les acteurs civils sont de plus en plus confrontés à des situations de chaos qui requièrent des moyens d’intervention considérables. Les États sont ainsi régulièrement contraints de faire appel aux capacités opérationnelles des armées pour assurer le déploiement dans l’urgence de l’aide humanitaire, donnant naissance à des espaces de collaboration civilo-militaire ou CIMIC. Si la conjugaison de moyens semble à première vue porteuse de promesses du point de vue de l’efficacité et de la rapidité de l’assistance aux populations, l’idée d’un rapprochement entre ces deux communautés d’acteurs pose aussi un certain nombre de problèmes.