Le partenariat entre ONG : quelle place dans la stratégie humanitaire ?

  • Olivier Routeau

    Olivier Routeau

    Responsable des Urgences & du Développement pour Première Urgence Internationale

Thématique phare issue des débats du Sommet humanitaire mondial d’Istanbul, relayée comme l’un des chantiers prioritaires du Grand Bargain en lien avec l’exigence de « localisation de l’aide », le partenariat avec des acteurs locaux semble aujourd’hui constituer le nouveau paradigme d’une communauté internationale en quête de solutions et de moyens pour faire face aux crises humanitaires et défis qui ne cessent de s’accroître.

La recherche de synergies, le renforcement de capacités, le développement d’outils et de réponses complémentaires à celles d’un système d’aide sous tension (du fait de la limitation des fonds disponibles, de la concurrence entre les crises, ou encore en lien avec les défis de coordination inhérents à la multiplicité des acteurs), sont évidemment en ce sens des axes nécessaires à explorer et renforcer. Il semble néanmoins que penser le « partenariat » comme la réponse unique et vertueuse à l’ensemble de ces enjeux n’est certainement pas souhaitable car cela comporte un certain nombre de risques inhérents à toute logique de systématisation et/ou d’approche simplificatrice des réalités.

Dès lors, l’optimisation opérationnelle des démarches partenariales, si bruyamment promues, passe nécessairement par un véritable examen des logiques sous-jacentes à cette récente publicité, ainsi que par une analyse objective des risques et défis liés à la spécificité de ces « nouveaux » répertoires d’actions ; afin de logiquement définir une approche pondérée de ce qui doit rester avant tout un outil d’efficience et non pas la finalité en soi de toute opération humanitaire.