L’Asie du Nord-Est face à la crise nord-coréenne : enjeux de la relation sino-américaine pour le leadership régional

  • Marc-Henri Saillard

    Marc-Henri Saillard

    Analyste-stagiaire au ministère des Armées, diplômé du Master GSI de l’Institut catholique de Paris

Après un sixième essai nucléaire le 3 septembre 2017, les tensions s’accroissent davantage sur la péninsule coréenne entre le régime de Pyongyang et les États-Unis. Aux tests de missiles balistiques et essais nucléaires nord-coréens, répondent les rodomontades bellicistes du président américain Donald Trump, les condamnations du Conseil de sécurité et des démonstrations de force conjointes américaines et sud-coréennes le long de la zone démilitarisée (DMZ). La Chine, elle, tente d’éviter que la crise ne débouche sur un conflit ouvert, ce qui nuirait gravement à ses intérêts économiques, politiques et militaires dans la région.

Dans une telle situation, il semble légitime de se demander si le statu quo dans la péninsule coréenne — à savoir sa configuration géopolitique depuis la fin de la guerre de Corée en 1953 — pourrait évoluer. En faveur de quels acteurs ? Et quels pourraient être les freins et les moteurs d’une telle évolution ?

Alors que l’escalade verbale et militaire est de plus en plus virulente entre le leader nord-coréen et la présidence américaine, les acteurs régionaux ont, semble-t-il, trop à perdre dans l’évolution, quelle qu’elle soit, de la donne géopolitique régionale. Le président Trump, dès son entrée en fonction a cherché à faire évoluer la situation dans une région où l’Amérique voit monter le leadership chinois. Dans ce jeu de billard nucléaire à trois bandes, chacun des joueurs (États-Unis, Chine, Corée du Nord — et Russie dans une moindre mesure — détiennent l’arme nucléaire) a intérêt au maintien du statu quo. Malgré le fort regain d’activité nucléaire de Pyongyang, qui s’est émancipé de son voisin chinois et de la rhétorique belliciste du président Trump, la situation pourrait demeurer inchangée…