Notes / Sport et géopolitique
15 novembre 2017
Le sport comme nouveau vecteur de l’européanisation de l’action publique

IRIS : En tant que responsable des affaires européennes au sein du think tank Sport et Citoyenneté, quel regard portez-vous sur l’importance prise par l’Union européenne dans le domaine sportif ?
MAXIME LEBLANC : On peut considérer aujourd’hui que l’Union européenne arrive au bout d’un premier cycle dans sa relation au sport. Après avoir posé sa vision dans le Livre blanc européen sur le sport et s’être vu octroyer une compétence juridique dans le traité de Lisbonne, l’Union européenne dispose désormais d’un budget spécifique avec le programme Erasmus + Sport. On peut affirmer sans risque que ces éléments relèvent du domaine de l’acquis.
Il faut désormais se pencher sur le rôle du sport comme outil systématique. À mon sens, l’Europe a beaucoup à gagner de la force du sport pour contribuer à faire avancer des grands enjeux de société. La sédentarité en est le premier. Nous savons aujourd’hui que 210 millions d’Européens sont totalement inactifs. Cette situation emporte des coûts dramatiques sur nos économies, à hauteur de 80 milliards d’euros par an dans les 28 États membres. L’activité physique peut évidemment apporter beaucoup pour remettre les citoyens européens en mouvement, en particulier via le soutien aux « villes actives ».
Ensuite, la diversité et la tolérance mises en avant par l’histoire européenne depuis sa création doit également s’appuyer sur le secteur sportif et ses 700.000 associations. Le sport et ceux qui l’organisent peuvent être des agents de socialisation et d’inclusion plus importants encore. Si ce n’est pas la mission première du secteur, c’est une conséquence positive que l’on observe à travers l’Europe…