ANALYSES

« Ils sont plus dangereux qu’Al-Qaïda »

Presse
23 septembre 2014
Daech a-t-il les moyens de perpétrer des attentats ?



Avec son trésor de guerre, ses 20 000 à 25 000 combattants, une organisation terroriste comme Daech peut frapper n’importe qui. Mais il y a une différence entre menace et capacité d’action. Néanmoins, le facteur supplémentaire inquiétant et qui donne à Daech un potentiel de danger supérieur à al-Qaïda pour contourner les dispositifs policiers, c’est la présence dans ses rangs d’Européens. Ils peuvent devenir des exécutants car ils ne vont pas faire de vieux os en Syrie et en Irak mais aussi des commanditaires. Surveiller leur retour, leur réseau est primordial et cela se fait heureusement.


Le renseignement français est-il outillé pour les surveiller ?



Le travail ingrat, opiniâtre de surveillance et d’infiltration de réseaux par notre police a déjà permis de déjouer des attentats. Mais la protection 100 % n’existe pas : une nébuleuse comme Daech peut attirer des « loups solitaires ». On a connu deux cas en France (Khaled Kelkal en 1995, Merah en 2012, ndlr) et c’est le principal risque. L’autre difficulté, c’est l’exposition d’entreprises, de ressortissants, d’institutions dans des pays moins sécurisés.


La Turquie, où transitent les djihadistes peut-elle jouer un rôle plus important ?



Dans son obsession à chasser Bachar el-Assad, le gouvernement turc a pris des risques considérables en fermant les yeux pour ne pas dire plus sur les réseaux et les passages qui alimentaient EI en armes, en hommes, en logistique depuis son territoire. Confrontée aux réfugiés kurdes et aux risques d’attentats, La Turquie a haussé depuis un an ses niveaux de coopération avec l’Europe dans le renseignement sur ce dossier. C’est indispensable.


 

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