ANALYSES

A qui vont profiter les frappes de la coalition en Syrie

Presse
25 septembre 2014

« Les frappes vont profiter politiquement au régime syrien en le replaçant au centre du jeu, même si cela ne va pas aboutir mécaniquement à son renforcement. Il y a un an, il était question d’aller bombarder le régime de Bachar Al Assad et aujourd’hui on bombarde ses principaux ennemis. C’est un retournement complet de situation. On en revient à une vision un peu plus réaliste.


Qu’on le veuille ou non, en dépit de ses pratiques condamnables, le régime syrien reste un interlocuteur. Le régime est affaibli et ne contrôle pas la totalité de son territoire, mais en même temps, il conserve une base sociale, sans laquelle il se serait effondré depuis longtemps.


Sur le plan militaire, le régime ne va pas se hasarder à lancer des opérations sur les territoires perdus au nord et à l’est du pays, devenus de facto, du fait de l’intervention, une zone d’exclusion aérienne. Le régime a tout intérêt à laisser les bombardements suivre leurs cours en concentrant ses troupes sur les zones qu’il a du mal à contrôler.


Les frappes vont probablement apporter un répit aux milices kurdes, – inférieures en effectifs et en équipement –, dans leur résistance contre Daech. La pression exercée sur la population civile, illustrée par la dernière vague de réfugiés, devrait également s’alléger.


Au sein de l’opposition armée, ceux qu’on appelle les ''démocrates'' ou ''modérés'' n’existent plus de façon organisée et centralisée, même si quelques katibas, isolées les unes des autres, se réclament encore de cette mouvance, en particulier à Alep. Les seuls groupes armés à avoir une capacité opérationnelle sont des djihadistes de toutes tendances.


La séquence actuelle peut-elle conduire à une relance des négociations en vue d’une solution politique?? C’est souhaitable car il n’y aura pas de solution militaire à la crise syrienne et il faudra, tôt ou tard, discuter avec des représentants du gouvernement syrien. Qu’il s’agisse de l’Irak ou de la Syrie, il faut remettre le politique au centre de la lutte contre Daech. »

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