ANALYSES

Lee Jae-yong : « L’image de la Corée du Sud est atteinte »

Interview
28 février 2017
Le point de vue de Barthélémy Courmont
Lee Jae-yong, président et héritier de Samsung, a été mis en examen pour corruption. Un nouveau rebondissement dans le feuilleton politico-financier qui secoue la Corée du Sud et a provoqué la destitution de la présidente Park Geun-hye. Spécialiste de ce pays, Barthélemy Courmont analyse l’effritement du «soft power» sud-coréen.

Comment interpréter cette mise en examen ?

Ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant de Samsung est inculpé pour corruption. Le père de Lee Jae-yong, à qui il a succédé à la tête de Samsung, avait été condamné pour détournement de fonds en 2008. Déjà, l’affaire avait terni l’image du groupe et posé la question du lien trop étroit entre le pouvoir politique et les chaebols [conglomérats d’entreprises aux participations croisées].

Quelles sont les conséquences de la dégradation de l’image de Samsung pour le pays ?

L’influence sud-coréenne, le hallyu, s’articule autour de ces chaebols et de l’industrie culturelle dont ils sont porteurs. De la K-pop aux séries télé, on retrouve ces chaebols qui maîtrisent tout, de la chaîne de production à la distribution. Le hallyu a été présenté comme le moyen pour la Corée du Sud de conquérir le monde. Ce système est mis à mal dès lors qu’un de ses acteurs se retrouve sur le banc des accusés. La Corée du Sud parviendra difficilement à surmonter cette crise de l’image, car Séoul s’appuyait sur les chaebols, présentés comme vertueux, pour sa représentation.

Propos recueillis paf Zhifan Liu
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