ANALYSES

« Il y a 30 ans, ni Mitterrand, ni Kohl ne se seraient exprimés sur le sujet »

Presse
29 mai 2015
Comment décririez-vous la tempête que traverse la Fifa ?
Ce n’est pas une surprise, et en même temps, c’est un séisme à retentissement mondial. Cela montre l’importance du football, la visibilité de la Fifa. C’est un coup de tonnerre dans un ciel qui n’était déjà pas tout à fait bleu.

Blatter peut-il démissionner ?
Il sera tenté d’aller jusqu’au bout parce que s’il ne le fait pas, il admet une culpabilité.
Et surtout, c’est la fin de sa puissance, une sorte d’abdication dont il n’a pas le tempérament, le goût. S’il obtient un vote de confiance aujourd’hui, il ne pourra pas exercer son mandat jusqu’au bout parce qu’il sera contesté dans les moindres actes de gestion, l’étau se resserrerait un peu plus chaque jour.

A-t-on glissé sur le terrain diplomatique avec les déclarations de Poutine, Hollande ?
La Russie, organisatrice du Mondial 2018, c’est un succès diplomatique, de prestige, important dans la lignée des JO de Sotchi. Le fait pour Poutine de dénoncer l’intrusion américaine ne peut être que bien perçue par l’opinion russe. C’est de bonne guerre… Que Fabius et Hollande s’expriment aussi sur le sujet montre que le football occupe une place centrale dans la société mondiale. Une telle affaire aurait éclaté il y a trente ans, ni Mitterrand, ni Kohl ne se seraient exprimés sur le sujet.

La Fifa est-elle finalement plus puissante que l’Onu ?
Non, parce qu’elle n’a pas le pouvoir de déclarer la guerre à quelqu’un, mais elle peut faire cohabiter la Palestine et Israël, la Chine et Taïwan, ce que ne fait pas l’Onu. Sa gestion est mise en cause, pas l’institution. Le football est éternel. La Fifa survivra et continuera à se développer.
Sur la même thématique
Paris 2024 : un an après, où en est-on ?