ANALYSES

« La guerre d’Irak a nourri le terrorisme »

Presse
23 novembre 2015
La France a refusé de vendre deux bateaux de guerre à la Russie. Aujourd’hui, les deux nations combattent ensemble. Pourquoi ?
La diplomatie consiste à parler avec les gens avec lesquels on n’est pas d’accord. Dans l’état actuel des choses, malgré le désaccord sur le maintien de Bachar al-Assad au pouvoir en Syrie, on a un accord : Daech est notre ennemi. Il a frappé la Russie et la France. La France n’a jamais résolu seule un conflit. Pour la Syrie, il n’y aura pas de victoire sans concertation. La Turquie, l’Iran, la Russie, les pays du Golfe et les pays occidentaux doivent travailler ensemble.

Ces pays ont quand même des intérêts divergents…
La Turquie voit le problème kurde comme prioritaire, l’Arabie saoudite voit l’Iran comme une menace, la Russie veut maintenir Bachar al-Assad, la France ne veut pas. L’important, c’est de travailler pour gommer les divergences. Concentrer nos efforts sur Daech ne signifie pas soutenir le président syrien, mais mettre fin le plus rapidement possible à la menace principale sur notre sécurité. Même si Bachar al-Assad a plus de morts que Daech sur la conscience, et quoiqu’on pense de lui, il n’a pas frappé en France.

Des troupes au sol sont-elles envisageables ?C’est ce que souhaite Daech pour renouveler sa victoire en Irak en 2003. Tous ceux qui ont soutenu cette guerre devraient aujourd’hui faire œuvre d’introspection… Daech est né de l’intervention occidentale de 2003 et en attend une nouvelle pour fédérer autour de l’occupation des croisés. Seulement, s’il y a une intervention militaire terrestre occidentale, il faudrait des centaines de milliers d’hommes que nous n’avons pas. Les troubles de libération seraient rapidement vécus comme des troubles d’occupation et dériveraient en guérilla. La guerre d’Irak de 2003, qui a nourri le terrorisme au lieu de le vaincre, doit nous éviter cette erreur monumentale.
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