ANALYSES

Pascal Boniface : « Avec le FC Sochaux, les Chinois peuvent se rendre sympathiques »

Presse
20 mai 2015
Interview de Pascal Boniface - Metronews

D’où vient cet intérêt des sociétés chinoises pour le football européen ?


C’est un mouvement global. Les pays asiatiques sont passionnés de sport, et les paris y sont extrêmement importants. Et on voit de plus en plus de fortunes, personnelles ou de groupe, qui se sont constituées et cherchent à investir dans le sport car elles ont compris, après d’autres, qu’il est un élément de visibilité rapide et populaire. Ils peuvent se faire connaître de façon sympathique.


Pourquoi la France en particulier ?


C’est le bon moment car les clubs ne sont pas chers. Ledus a payé 7 millions pour Sochaux, qui est club historique en France, dispose d’un potentiel intéressant en termes important d’image, de notoriété. Au contraire, en Angleterre les prix sont prohibitifs et l’Allemagne interdit des partenaires étrangers majoritaires dans ses clubs. Le foot italien et espagnol se porte économiquement mal. Donc la France paraît attractive et moins onéreuse.


Est-ce la même motivation que le Qatar ?


Le Qatar a montré l’exemple. Le succès économique des Chinois est plus ancien, mais leurs investissements à l’étranger plus récents. Des fortunes se tirent la bourre et, pour se distinguer, se servent de leur surplus économique dans le football.


Cet engagement est-il durable ?


Cela dépend si ce sont des investissements personnels ou de société. On a vu avec Mammadov pour Lens que quand une personne est seule, elle est soumise aux aléas et le vent peut tourner. Avec Rybolovlev à Monaco aussi, son divorce lui a coûté cher, et même s’il est resté, il a dû changer de politique. Les investissements d’une firme sont plus pérennes que ceux d’un milliardaire.


Faut-il se réjouir l’arrivée de capitaux étrangers en France ?


Pour un club comme Sochaux, c’est forcément une bouffée d’oxygène par rapport à leur situation : le club est descendu l’an dernier, le propriétaire historique (PSA-Peugeot, ndlr) ne peut pas mettre d’argent, le centre de formation n’est pas mis en valeur comme avant… Même si l’investissement chinois n’est pas à long terme, s’il leur permet de revenir en Ligue 1 dans les deux ans, ce sera déjà ça ! Il y a plein de clubs à vendre. Et pour suivre sportivement, leurs dirigeants savent que les capitaux étrangers sont les bienvenus.

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