ANALYSES

Covid-19 : depuis « début janvier » dans le monde, « on a une tendance globale qui repart à la hausse »

Presse
10 janvier 2021


Quelles sont les régions du monde où la pandémie se répand le plus ces temps-ci ?

Les deux régions du monde où l’épidémie est la plus présente sont les Amériques et l’Europe. C’est le cas depuis deux-trois mois. On avait depuis mi-décembre une tendance à la baisse, mais ça n’a duré que trois petites semaines. Début janvier, on a une tendance globale qui repart à la hausse. On a les États-Unis qui reprennent de l’ampleur. En Europe, certains pays remontent en nombre de cas, comme l’Angleterre et également la Suède. Et de manière plus générale, on a aussi l’Afrique qui remonte en nombre de cas depuis début décembre, avec l’Afrique du Sud, la Tunisie, la Mauritanie et le Nigeria, qui commencent à avoir un nombre de cas importants. Généralement, on a d’abord une augmentation du nombre de cas et on a un délai d’une à deux semaines en termes de décès.

Est-ce que, à l’inverse, certains endroits de la planète sont épargnés par le virus ?

On à la région Pacifique où on a effectivement beaucoup moins de cas, mais en même temps, on a beaucoup moins de population. Il faut se souvenir que 90% de la population mondiale vit dans l’hémisphère Nord. De fait, si on regarde les chiffres bruts, on a moins de cas dans ces régions-là. Il y a moins de cas également sur le Sud-Est asiatique, mais malgré tout, on a encore aujourd’hui quelque chose comme 2 624 décès par semaine, donc, on ne peut pas dire non plus que il n’y a aucun cas.

Ces différences dans la propagation du virus correspondent-elles à des politiques différentes de la part des pays ?

Ça en fait partie. On a des pays qui ont des réactions plus rapides, plus drastiques, plus régulées comme la Chine etTaïwan. Là, on n’hésite pas à tester énormément de monde et à mettre sous confinement. Après, il y a des régions qui sont hors des flux internationaux de personnes comme par exemple la Nouvelle-Zélande qui n’a pas hésité à fermer ses frontières aux voyages internationaux dès le début de la pandémie. Ensuite, il y a aussi les correspondances vis-à-vis de la démographie de la population. On l’a bien vu avec avec certains pays en Afrique où, avec une démographie d’une moyenne d’âge de moins de 20 ans ou même si le virus est présent, finalement, on va avoir moins d’impact en termes de pathologies graves et en termes de décès parce que la majorité des personnes sont asymptomatiques. Il y a effectivement les politiques [menées], mais aussi la démographie, la température, puisque lorsqu’il fait chaud, on va vivre plus en extérieur et du coup, il y aura moins de lieux clos où la transmission peut-être plus importante.

Que peut-il se passer dans les semaines ou mois à venir ?

On entend beaucoup aujourd’hui cette grande volonté de vaccination pour contrer les cas que nous avons aujourd’hui en France. Il faut bien comprendre que cla campagne de vaccination commence aujourd’hui, mais elle aura un impact dans quatre-cinq mois. Aujourd’hui, la vaccination va servir au niveau individuel pour chaque personne qui se fait vacciner, bien sûr, mais au niveau de la population, elle ne suffira pas pour protéger et atteindre cette fameuse immunité collective. Pour deux raisons : tout simplement parce que pour l’instant, on n’a pas les chiffres suffisants pour que ça puisse fonctionner. Et d’autre part, le vaccin de Pfizer et Moderna, pour l’instant, n’ont pas donné preuve de protection dans la transmission interhumaine. Donc, il faudrait vacciner tout le monde pour protéger tout le monde. On a donc vraiment besoin de se saisir de ces mesures barrières et de cette distanciation sociale. Ce sont nos seules armes.

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