ANALYSES

La pistache, outil de puissance américain face à l’Iran

Presse
30 septembre 2020
Interview de Sébastien Abis - L'Opinion
Incontournable dans les apéritifs ou les instants de snacking, la pistache mérite bien plus qu’une poignée de main addictive et un grignotage indifférent. On la croit banale, on vante parfois ses vertus nutritionnelles, elle est surtout le miroir grossissant d’une géopolitique de l’agriculture sur nos tables.

Plantons le décor. Si la consommation de pistache s’est globalisée, la production, en revanche, reste hyper-polarisée. Deux pays dominent : les Etats-Unis et l’Iran. Ils réalisent 70 % de la production mondiale qui s’élève entre 650 000 et 800 000 tonnes (soit le double par rapport à la fin des années 2000, sachant que 100 000 tonnes seulement étaient récoltées au début des années 1990). De ce duo productif (45 % pour les États-Unis, 25 % pour l’Iran) dépend donc le marché mondial, sachant que la Turquie et la Syrie suivent très loin derrière.

Les échanges mondiaux de pistaches (300 000 à 400 000 tonnes par an en moyenne depuis dix ans) représentent un business de 2,5 à 3 milliards de dollars. Quand nous trinquons à l’apéro et que les pistaches accompagnent ces moments de détente, nous contribuons donc à la santé des économies agricoles américaine et iranienne. Un couple pistachier qui n’en est pas un sur le terrain…
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