ANALYSES

Cisjordanie. « Netanyahou pourrait se limiter à des symboles »

Presse
16 juin 2020
Netanyahou va-t-il, comme il l’a promis, annexer en juillet une partie de la Cisjordanie ?

Je ne crois pas à une annexion de la vallée du Jourdain et de toutes les colonies de Cisjordanie. Dès la divulgation de leur plan de paix en janvier, les États-Unis ont fait savoir qu’il n’avait pas vocation à être appliqué tout de suite. En Israël même, de hauts gradés de l’armée ont multiplié ces derniers mois les mises en garde sur les risques sécuritaires d’une annexion, qui peut provoquer une explosion de violences.

Benjamin Netanyahou a promis et ne peut pas se dédire. Mais il a un sens aigu des rapports de force et ne fera rien sans l’accord de Washington. Je pense qu’il pourrait se limiter à des annonces symboliques, par exemple l’annexion de quelques colonies.

Netanyahou a-t-il promis l’annexion pour consolider l’électorat de droite aux élections ?

Le Premier ministre israélien est un magicien de la politique et un pragmatique, mais ce n’est pas une girouette. Il a un projet très clair qu’on peut résumer par le contrôle de la Cisjordanie. Pour lui, peu importe si cela implique un micro-État palestinien, pourvu qu’il reste sous contrôle absolu d’Israël.

Quelles options ont les dirigeants palestiniens en cas d’annexion ?

Mahmoud Abbas multiplie les refus de coopération, notamment sécuritaire, avec Israël depuis le plan Trump. À 82 ans, il joue son image, mais c’est de la pure agitation. La seule option qui secouerait le cocotier et obligerait la communauté internationale à réagir serait de dissoudre l’Autorité palestinienne et de renvoyer Israël à son statut d’occupant. C’est peu probable.

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